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Formation, production, expérimentation

En 1922, Anni Albers obtient son diplôme de l'école du Bauhaus de Weimar, une institution d'avant-garde où elle fait également la rencontre de son mari, le peintre Josef Albers. Étudiante appliquée et tisseuse habile, Anni Albers devient l’assistante du professeur Gunta Stölzl et anime l'atelier textile à plusieurs reprises entre 1929 et 1931. Lorsque le Bauhaus est fermé par le parti nazi en 1933, le couple Albers déménage en Caroline du Nord, aux États-Unis, où tous deux sont employés en tant qu'enseignants par une école libre récemment créée qui deviendra la grande référence de la modernité artistique américaine, le Black Mountain College.  

Cette section regroupe des travaux réalisés au cours de ces deux périodes durant lesquelles la pensée créative d'Annie Albers a évolué de manière décisive. La sélection de pièces de l’époque du Bauhaus inclut des dessins préparatoires pour l’élaboration de textiles (certains réalisés ou reproduits des décennies plus tard, voire même à titre posthume), ainsi que de nombreux exemples de son travail de recherche pour développer des tissus simples et fonctionnels. D'autre part, les œuvres réalisées dans les années quarante mettent en évidence l'effet libérateur de son expérience au sein de la communauté artistique du Black Mountain College, où les idées rationalistes antérieures ont adopté un lyrisme inattendu et intuitif. C'est au cours de cette décennie qu'Anni Albers invente le terme de « tissu pictural » pour se référer aux tapisseries qu'elle réalise à la main sur le métier à tisser. Au niveau formel, on peut observer la transition du schéma orthogonal de ses débuts vers des motifs plus libres, où la texture dialogue directement avec la couleur, évoquant parfois des visions spirituelles ou des paysages imaginaires. Cette sélection d'œuvres est complétée par des travaux qui annoncent les développements qu'Anni Albers entreprendra au début des années cinquante et une section est consacrée à la documentation des voyages enrichissants qu'elle a réalisés avec Josef en Amérique latine, exposant des tissus anciens achetés et conservés dans sa collection privée. 


Textes et textiles : en suivant le fil

La présence de l'artiste sur la vibrante scène américaine a été un facteur déterminant de son ouverture émotionnelle aux nouvelles formes et pratiques, ainsi qu’à la consolidation de son approche unique du tissage. En 1949, elle est définitivement reconnue dans le milieu artistique grâce à une grande exposition monographique qui lui est dédiée au Musée d´Art Moderne de New York (MoMa) et qui se déplacera dans plusieurs musées du pays. Après avoir quitté le Black Mountain College pour s’installer dans la région de New Haven, dans le Connecticut, où elle passera le restant de ses jours, Anni Albers continue à combiner l'expérimentation artistique et le travail pédagogique occasionnel, tout en produisant certains des textes fondamentaux de l'art textile moderne. Cette partie de l'exposition présente une sélection des tissus picturaux réalisés en pleine maturité artistique, où surgissent de nouveaux motifs graphiques qui évoquent des écritures anciennes et suggèrent une lecture purement rythmique. Ce sont des hybrides entre le texte et le textile, la toile et la page, réunis sur un support de trame et de chaîne, qu’Anni Albers développera jusqu'à ce qu'elle abandonne définitivement le métier en 1968.  

Parallèlement, l'artiste commence à repenser le rôle des dessins et des gouaches préparatoires pour ses tissus, et son expérimentation des techniques graphiques l'amène à produire, en 1964, sa première série importante de gravures dans le portefeuille intitulé Relations linéaires. Dans les différentes techniques d'impression graphique, Anni Albers trouve un nouvel espace de recherche visuelle qui finira par remplacer totalement son travail textile. À ces premières œuvres graphiques se joint une sélection de croquis, de diagrammes et de photographies liées au développement théorique d'Anni Albers, qui est clairement décrit dans le livre Sur le tissage (On Weaving), publié en 1965. 


Réflexion et distribution : le terrain graphique

À travers des aquatintes, des lithographies, des sérigraphies et des impressions offset, l'artiste a pu étudier, avec différentes techniques, des concepts visuels déjà présents dans ses pièces textiles. Sa     joyeuse expérience avec les différents procédés chimiques de gravure s'est déroulée parallèlement à sa collaboration avec certains des meilleurs ateliers d'estampage de son époque. Ainsi, Anni Albers a trouvé un moyen de réfléchir sur l’intégralité de son œuvre antérieure, comme en témoigne le portefeuille Connexions, qui offre un synopsis concis des créations visuelles réalisées pendant près de six décennies de travail.   

Dans la gravure, Anni Albers trouve l’élément idéal pour essayer de nouveaux modèles de composition et des variations visuelles presque infinies. En recherchant des niveaux plus élevés de complexité graphique révélant des liens structurels entre la ligne et le fil, entre le dessin et le tissu, elle a souvent recours à des schémas triangulaires et rhomboïdaux. Ces formes alternent avec l'étude de lignes complexes qui, dans d'autres pièces, évoquent des labyrinthes, des nœuds et des enchevêtrements de fils. Ses motifs sont souvent devenus des modèles textiles utilisés pour la production à grande échelle, impliquant divers fabricants de son époque, une pratique que The Josef and Anni Albers Foundation a continué de perpétuer selon la volonté de l'artiste. En collaborant avec l'industrie, Anni Albers a souhaité mettre ses modèles à la disposition du public, montrant ainsi son attachement à l'idéologie perpétuelle du Bauhaus, qui préconisait que l'art et le design soient considérés comme un seul domaine de production de forme et favorisait le développement de prototypes permettant une distribution égale des formes artistiques. Cette dernière période de travail de l'artiste met en évidence le discours parallèle entre l'industrialisation du produit textile et l'objet graphique, les possibilités de démocratiser l'œuvre d'art et une critique implicite de l'individualisme créatif.

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